Naissance des foires aux vins

Chaque année, au mois de septembre, les enseignes arrosent les boîtes aux lettres de prospectus et les boîtes mail de messages de rappel pour qu'on n'oublie pas : c'est l'ouverture des Foires aux vins.
D'où viennent-elles? Dans quelles enseignes sont-elles proposées ? Peut-on y faire de bonnes affaires ?

Dans les années 70 la diversité n'était pas celle qu'on connait aujourd'hui puisqu'au mieux une dizaine de références pouvait être trouvée en magasin.
C'est dans ces années 70 - en 1973 pour être précis - que l'enseigne E. Leclerc lance un concept novateur dans deux magasins bretons avec la volonté de rendre accessibles les "bons vins" aux amateurs.
Dans cette perspective, Antoine Polard et François-Paul Bordais, les initiateurs de ce qui allait devenir un rendez-vous annuel immanquable par la suite, démarchent des maisons de négoce en vins. Aucune ne souhaite adhérer à ce projet. Pourquoi ? C'est une histoire d'image. Car une marque prestigieuse vendue en grande surface risquait de ternir sa réputation.
Néanmoins deux maisons acceptent : Moueix et Ginestet, deux négociants bordelais.
La première foire aux vins est née. Nous sommes en novembre 1973 mais le nom de Foire aux vins n'est trouvé que par la suite.

Le nom

Peu avant avant cette date de novembre 1973, le responsable de la succursale de E.Leclerc de Tours propose un événement dans son magasin. Ou plutôt sur le parking de son magasin. Il fait installer un chapiteau pour organiser la "foire à la choucroute". Succès immédiat.
Fort de cette découverte, Raymond Berthy en charge du magasin de Vannes reprend le concept de la foire mais l'adapte pour les vins. Le nom est adopté : Foire aux vins.

Seules quatre références sont proposées : Muscadet, Gros-Plant, Côtes-du-Rhône et un Bordeaux. Pour lancer les ventes, Raymond Berthy a l'idée de donner des "gratuits": pour 12 bouteilles achetées 2 gratuites; pour 24 bouteilles achetées 4 gratuites et pour 48, 8 sont offertes. Tout ceci avec bien-sûr des prix dégressifs.
L'idée de proposer des bouteilles gratuites fait exploser les ventes et le concept s'est amplifié les années suivantes.

Les grands noms du bordelais, voyant que le phénomène prenait de l'ampleur et que les vins n'étaient pas vendus en rayon mais mis en avant dans les magasins, commencent à accepter l'idée de vendre leurs crus en grande surface par ce biais.
Dans les premiers magasins E.Leclerc où les foires se passaient, un autre facteur, commercial celui-là, a contribué à choisir le mois d'octobre pour cet événement. Il s'agissait à l'époque d'un mois au chiffre d'affaire inférieur par rapport à septembre - période de rentrée des classes - et décembre - période de fêtes de noël.  Raymond Berthy a donc créé cet événement aussi pour booster son chiffre d'affaire d'octobre.

Voilà comment les foires sont nées, ont été inventées, et calées dans le temps. Elles sont devenues un succès total puisqu'attendues par énormément de consommateurs. L'offre s'est étalée à toutes les grandes surfaces et mêmes des magasins spécialisés jusqu'aux sites de e-commerce
Aujourd'hui, rien que pour la grande distribution, les foires aux vins représentent un chiffre d’affaires total de 466 millions d’euros et est en constante augmentation.

Peut-on faire de bonnes affaires dans les foires aux vins ?

La foire aux vins est le seul moment de l'année où le consommateur amateur peut avoir à sa disposition des milliers de bouteilles à prix cassés. De manière générale, les Bordeaux de base à 7€, les crus de Bourgogne et Rhône sont les plus vendus.
Les vins du Languedoc Roussillon depuis quelques années font une remarquable percée, ainsi que les vins du Sud-Ouest et d'Alsace qui n'étaient absolument pas présentés les premières années.
Pour répondre de manière fermée à la question du sous-titre ci-dessus ; oui on peut faire de bonnes affaires. Oui car chacun pourra trouver un vin ou des vins qui correspondent à ses attentes tant au niveau du prix que par sa qualité. Ces offres, comme les offres de box vin (voir article sur Spiritus Vinum : Abonnement au vin, le match de box), donnent la possibilité d'explorer des appellations vers lesquelles on ne se serait pas forcément tournées, ou même d'autres pays viticoles.
Seulement, comme le précise Emmanuel Delmas (Sommelier et consultant en vins) : "Croire qu'un Saint Emilion Grand cru déniché à 9,99€ puisse être bon est une illusion"

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Sources

www.histoireetarchives.leclerc
www.lesechos.fr/journalistes/index.php?id=38
www.sommelier-vins.com
www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=1a75q_5BRLU

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