Arnaud Laroche : Tchin.be, dégustation, sculpture et Belgique

Tchin, c'est d'abord le vin-passion, le vin-découverte et le vin-partage. Sa vocation est de convier vos amis, vos voisins, ou vos collègues de travail, curieux ou amateurs éclairés, et de profiter d’un moment de partage et de convivialité pour découvrir l’œnophile qui sommeille en vous.
Arnaud Laroche, créateur de tchin.be, navigue entre Paris et Bruxelles où il réside et a eu la gentillesse de répondre à quelques questions sur Tchin bien-sûr, mais aussi ses dégustations, la sculpture et le vignoble belge.

Comment tchin.be est né, et depuis quand existe t-il ?

J’ai créé Tchin pour moi en un sens. L’idée a germé en 2015 et était la suite logique vers laquelle m’amenait la passion du vin. Tchin est un moteur pour rencontrer d’autres personnes, mais aussi pour créer des liens avec des vignerons, des passionnés, des gourmets, des personnes désireuses de découvrir le vin dans toutes ses dimensions. C’est un ensemble  d’activités assez conformes à ma nature, je n’enseigne pas la sculpture par hasard ! J’aime partager ce qui m’anime et me fonde.

 

Vous êtes diplômé des Beaux-Arts et notez le parallèle passionnant qu’il existe entre le travail de l’artiste sculpteur que vous êtes, avec celui du vigneron.
Pourriez-vous nous en dire davantage ? De ce fait, y aurait-il des sensations, termes, et autres choses similaires entre une sculpture et un vin ?

Entre le travail du vigneron et la pratique du sculpteur il y a comme un écho lointain, une relation particulière à la matière du monde, une aptitude à la «rêverie matérielle » pour reprendre un concept Bachelardien qui me parle beaucoup. Cependant je ne tiens pas à  forcer trop ces rapprochements.
En tant que sculpteur je trouve le sujet de mes oeuvres dans les matériaux eux-mêmes, je suis fasciné par les relations entre diverses propriétés des matériaux et ce qu’elles déclenchent en moi comme désirs d’y inscrire certains gestes, ce que cela me fait voir et ressentir en retour. C’est-à-dire que la sculpture comme tout art, a un contenu qui lui est propre et ne vise pas à illustrer.
Un vigneron qui a l'ambition de rendre compte de ce qui fait les spécificités d'un terroir n’a à mon sens que faire de tenter de se rapprocher de tel ou tel modèle établi par un courant, un effet de mode… Il oblige la vigne à puiser dans ce qui est déjà là, au fond. Et puis ensuite il faut accepter ce qui en ressort. Ce qui ne veut pas dire qu’un vigneron n’a pas sa propre sensibilité, sa propre approche pour cultiver la vigne, pour élever son vin, pour révéler le terroir dont il a hérité.

Lorsque je donnais des cours de sculptures à des adultes, il nous arrivait assez souvent de boire un verre à l’atelier. Il y avait un très bon caviste proche de l’académie, nous pouvions donc déguster des bouteilles intéressantes. Cela donnait lieu souvent à des moments d’échanges informels autour des vins et des sculptures en cours de réalisation. Tant et si bien que je finissais par considérer ces moments de détentes comme partie prenante du cours. Comment le vocabulaire rattaché au domaine du vin pouvait nourrir celui auquel nous avions recours plus régulièrement dans le domaine de la sculpture et inversement ? C’est une question passionnante car dans les deux cas l’enjeu est d’essayer de saisir avec des mots des objets qui justement se dérobent à toute tentative de les circonscrire. Il m’est arrivé de dire à un élève que sa sculpture manquait de longueur ! Dans le cas des vins de terroirs il y a une construction, une structure qui fait appel pour le dégustateur à un sens de la forme que l’on retrouve quand on pratique la sculpture.

 

Avec tchin.be, vous proposez trois formules d’initiation à la dégustation. Comment se déroulent ces dégustations et que contiennent-elles ?

Tchin.be; dégustation, sculpture et BelgiqueL’idée était de proposer des dégustations de vin à domicile, dans un contexte plutôt intime. Il y a effectivement un ensemble de formules qui va de la découverte de vins de plaisir, à la dégustation de vins d’exception. J'organise également des dégustations que j'appelle « empreintes de terroir », qui ont pour but de faire (re)découvrir une région de France particulière, voire de se concentrer sur une appellation. Bien avant la dégustation elle-même, et si les participants le désirent, je peux conseiller un ensemble de mets très simples ou des plats plus cuisinés qui pourront accompagner les vins. J'arrive généralement une demi-heure avant la dégustation pour faire une mise en place, je mets à disposition les verres. Je fais toujours une brève présentation de chaque vin et du domaine, du vigneron qui l’a élaboré, mais chaque groupe oriente finalement la dégustation et son contenu. C'est très important que cela soit possible et que je ne déroule pas un programme prédéfini, car les personnes qui font appel à moi ont des envies très différentes. Certains groupes sont clairement en demande d’informations précises sur le vin, sur les différentes méthodes de vinification… avec d'autres l'accent est clairement mis sur la découverte, le partage et la convivialité.

 

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